Images à découvrir : Toulouse monumentale et pittoresque

Porte des péchés capitaux (Saint Sernin, Toulouse)Avec ses nombreuses illustrations, Toulouse monumentale et pittoresque, publiée à Toulouse en 1842, offre une histoire en images des monuments toulousains. Conçue comme un complément de l'Histoire de Toulouse (1839), c'est la publication la plus ambitieuse de l'éditeur Jean-Baptiste Paya, qui vise à "entrer en parallèle avec les plus belles publications parisiennes". Elle a connu une réédition un peu plus tard par Lagarrigue.

Le projet des auteurs, Jean-Mamert Cayla, historien de Toulouse connu pour son anticléricalisme, et Cléobule Paul, papetier et littérateur, est de faire une synthèse de l’histoire des monuments de Toulouse, pour la rendre accessible en dehors des cercles des érudits. A chaque chapitre, ils évoquent les évènements qui ont présidé à la construction d’un édifice puis ceux qui ont conduit éventuellement à le faire disparaître comme les incendies, crues, guerres, émeutes ou vandalisme et, le cas échéant, les décisions prises pour leur restauration ou modification, au cours des siècles. Mais, comme ils l’expriment eux-mêmes, ils veulent marier " l’ancien avec le moderne, rattachant ainsi, par un lien perceptible, le passé au présent ". Ainsi, ils ne se contentent pas de déplorer la disparition des chefs d’œuvres sous les coups des vandales, comme les cloîtres de Saint-Sernin et de la Daurade ou le Couvent des Cordeliers. Ils mettent aussi à l’honneur les constructions nouvelles qui apportent des bienfaits aux habitants de Toulouse comme la construction du château d’eau et des fontaines, l’aménagement des faubourgs des Minimes et de St- Cyprien ou la création récente de l’Ecole vétérinaire.

Château d'eau  (Toulouse)Les 61 planches qui illustrent l'ouvrage apportent donc un témoignage unique sur Toulouse en 1842, fixant l’état de ses monuments et de sa nouvelle urbanisation. Elles portent la signature de Perrin comme dessinateur principal ainsi que celles de Julia et Abeillon, Julia fils, Buguet, E. File, Richard et du jeune architecte Chambert. Les planches ont été lithographiées dans les ateliers des imprimeurs-graveurs Delor ou Constantin. L’usage précoce du daguerréotype dans cet ouvrage est un élément notable : on compte une dizaine de vues de monuments prises à l’aide de cette nouvelle technique mise au point par Daguerre en 1839, et reproduites en lithographies, comme celle de la "porte des pêchés capitaux" de la basilique Saint-Sernin ici présentée (actuellement appelée "porte des comtes", située à l'extrémité du transept Sud).

Cet exemplaire est complet des 61 planches, ce qui est assez rare. Il est constitué d'un mélange des deux éditions : les pages liminaires avec la vue du Capitole, la page de titre et les quatre pages de la préface de v à viii proviennent de celle de Lagarrigue, alors que les pages 1 à 256 et les autres planches proviennent de celle de Paya. La distinction entre les deux ne se décèle que par des différences typographiques (taille des caractères, noms en caractère gras dans la partie imprimée par Lagarrigue). Il comprend en outre une chemise d'une livraison qui témoigne du mode de diffusion de cet ouvrage. Comme souvent à l'époque pour les livres assez coûteux à l'édition et à l'achat, il était vendu en livraisons, dont le rythme de parution était prévu tous les 10 jours, pour un total de 30. On pouvait soit s'abonner à l'ensemble pour 22 F 50, soit payer chaque livraison, qui contenait une "feuille" de texte (8 p.) et deux illustrations pour 75 c. L'ensemble était ensuite le plus souvent relié par les acheteurs.

 

Avec la collaboration d'Isabelle Privat.

Posté le 14/05/2019 | Par Marielle Mouranche

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