Jacques Collin de Plancy : un mordu des vampires

Lémures, revenants, loups-garous, incubes, broucolaques et autres vampires... Quelle est leur histoire ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Comment s’en protéger ? Pour vous y retrouver, nous vous invitons à découvrir la première édition, sans nom d’auteur, de l’Histoire des vampires et des spectres malfaisans publiée en 1820. Il est certain que vous y trouverez des informations bien utiles en cette période de l’année !

Très rare dans les collections publiques françaises, cet ouvrage, qui n’a été réédité que récemment, est attribué à Jacques Collin de Plancy, imprimeur-libraire né en 1794 à Plancy, petite commune de l’Aube. Auteur de près d’une centaine d’ouvrages, il est connu notamment pour son Dictionnaire infernal publié pour la première fois en 1818 et dans lequel il a rassemblé toutes les connaissances de l’époque concernant l’occultisme et la démonologie afin de dénoncer les superstitions dans la France de la Restauration.

L’Histoire des vampires et des spectres malfaisans atteste du goût de l’époque pour l’étrange. L'auteur puise dans l’œuvre de Dom Augustin Calmet, moine bénédictin lorrain de la congrégation de Saint-Vanne, qui a écrit en 1746 le Traité sur les apparitions des esprit et sur les vampires… dans lequel il conclut au caractère fictif de ces créatures, issues des légendes d'Europe de l'Est. Jacques Collin du Plancy affirme dans son ouvrage de 1820 avoir « profité des savantes dissertations de D. Calmet sur les apparitions, les revenans et les vampires… Mais on a eu soin de remonter aux sources qu’il avait indiquées, et souvent on a découvert des passages que sa position et sa robe lui défendaient de rapporter, et que les lecteurs ne regretteront pas de connaître… ».

L’ouvrage regorge en effet d’anecdotes mordantes. À Toulouse, par exemple, « On montre encore…, dans une église de moines, un caveau où les corps restent si parfaitement dans leur entier, qu’il s’en trouvait en 1789 qui étaient là depuis près de deux siècles, et qui paraissaient vivans. On les avait rangés debout, contre la muraille, et ils portaient les vêtemens avec lesquels on les avait enterrés. Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les corps qu’on met de l’autre côté de ce même caveau deviennent, deux ou trois jours après, la pâture des vers. »

L’édition de 1820 est illustrée d’un frontispice gravé par L. Berthe représentant Rosalie, morte ressuscitée, sortant de sa tombe et une jeune fille endormie veillée par un vampire loin de l’iconographie habituelle du suceur de sang que nous connaissons depuis la publication du roman Dracula de Bram Stoker en 1897.

L’exemplaire présenté provient du fonds Frix Taillade (1820-1901), entré au début du XXe siècle dans les collections de la bibliothèque universitaire de l'Arsenal (Université Toulouse 1 Capitole).

Pour en savoir plus :

Orešković, Luc. « Le thème des lycanthropes et des vampires de Dom Calmet à l’abbé de Fontis : une approche des pays de confins »., [en ligneDix-huitième siècle, n°42, 2010, pp. 265-284.

Pivot, Anne-Charlotte. « Chroniques et controverses autour des imaginaires individuels et collectifs des XVIIIe-XIXe siècles : une étude du mythe vampirique de la réalité à la fiction… ». Mémoire de master : Culture de l'écrit et de l'image. Lyon : Université Lumière Lyon 2, 2017.

Posté le 26/10/2018 | Par Frédérique Laval

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